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<title>Last posts on sicario bébé</title>
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<updated>2026-05-30T10:18:24+02:00</updated>
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<name>CEDRIC SEGAPELLI</name>
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<title>CFanny Taillandier : Sicario Bébé. L’Iliade et L’Odyssée.</title>
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<updated>2026-05-30T07:25:34+02:00</updated>
<published>2026-05-30T07:25:34+02:00</published>
<summary>   Dans ce milieu précaire de la littérature, il faut bien admettre que l'on...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420987&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/01/01/3735011863.png&quot; alt=&quot;Capture d’écran 2026-05-29 à 13.28.48.png&quot; /&gt;Dans ce milieu précaire de la littérature, il faut bien admettre que l'on est beaucoup plus prompt à détourner le regard lorsqu'il s'agit de saisir une opportunité pour être publié et ce n'est pas l'actualité toute récente qui a bousculé ce petit univers du livre qui me donnera tord, même s'il existe &amp;nbsp;des hommes et des femmes qui ne dérogeront pas avec leurs convictions. Sans qu'elle ne le porte en étendard, Fanny Taillandier fait partie de ces personnes engagées qui font en sorte &amp;nbsp;s'employant à dépeindre son environnement, cet espace périurbain, sorte de frontière entre le monde rural et l'univers des villes dans ce qui apparaît comme une oeuvre sociale où les essais côtoient les romans quand ils ne se mélangent pas les uns aux autres comme le souligne Eric Chevillard à évoquant &lt;em&gt;Les États Et Empires Du Lotissement Grand Siècle&lt;/em&gt;&amp;nbsp; (P.U.F. 2016) : &quot;&lt;em&gt;Publié dans la collection « Perspectives critiques » des PUF comme pour tromper son monde, le deuxième livre de Fanny Taillandier, Les États et Empires du Lotissement Grand Siècle n’est pas un essai d’urbanisme ou de sociologie ni une réflexion sur la ville nouvelle, mais un récit inventif en diable, d’un genre inédit, qui emprunte au conte, à la satire, et se réinvente sans cesse en variant les styles et les approches.&quot;&lt;/em&gt; On ne saurait mieux dire pour définir les textes de cette romancière qui tant sur le thème de l’urbanisme qui traverse ses écrits que dans les différents domaines littéraires dans lesquelles elle s’inscrit, s’émancipe de ces limites dans lesquelles on tendrait à rester enfermer, comme un territoire conquis dont il est difficile de s’extraire puisque intrinsèquement lié à sa condition sociale. Née à Alfortville, à la périphérie de Paris lui apparaissant comme un tout autre monde, Fanny Taillandier suit des études de lettre à Marseille avant de se consacrer durant dix ans à l’enseignement dans plusieurs lycées de Créteil tout en collaborant pour des revues comme &lt;em&gt;Mouvement&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Livre Hebdo&lt;/em&gt;. Et puis c’est &lt;em&gt;Les Confessions D’Un Monstre&lt;/em&gt; (Flammarion 20213) abordant de manière inhabituelle le thème du tueur en série, qui marque ses débuts en tant que romancière où Fanny Taillandier dresse le portrait d’un individu qui va confesser ses crimes au gré d’un récit qui se dépare résolument de tous les clichés galvaudés propre à ce type de personnages qui encombrent la littérature noire. Cette absence de cliché, c’est même un engagement qui anime Fanny Taillandier lorsqu’elle rédige &lt;em&gt;Sicario Bébé &lt;/em&gt;où l’on observe notamment la trajectoire d’un jeune garçon qui va exécuter un contrat pour le compte d’un trafiquant de drogue, afin de subvenir aux besoins de la petite famille qu’il va fonder avec sa compagne, enceinte de lui.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1420989&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.monromannoiretbienserre.com/media/02/01/2502907572.jpeg&quot; alt=&quot;fanny taillandier,sicario bébé,éditions rivages,blog mon roman noir et bien serré,blog littéraire,retour de lecture,chronique littéraire,parution 2026,lecture 2026,roman noir,littérature noire&quot; /&gt;Blaise à dix-sept ans tout comme Djen dont il est fou amoureux et qui attend un enfant de lui. S’il considère cet amour réciproque comme un miracle, le jeune garçon ne doit pas occulter la réalité et prendre conscience qu’ils n’ont pas les moyens d’élever ce bébé à venir. Mais Bobby, son meilleur pote, lui propose la meilleure combine pour acquérir rapidement pas moins de cinquante mille euros en liquidant l’adversaire d’un narcotrafiquant local qui sévit au sein d’une cité amenée à être démolie très prochainement. Pour exécuter ce contrat, Blaise, Djen et Bobby vont donc entamer tout un périple qui vont les conduire d’un foyer pour travailleur à une ZAD enfouie dans un bois en passant par une zone portuaire devenant le théâtre de tous les trafics qui inondent le pays.&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot; style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Et au delà de l’amour et de l’amitié qui lient ces trois jeunes gens, finiront-ils par exécuter ce sinistre contrat ? Il faut dire que leurs commanditaires ne sont pas des enfants de coeur et qu’il n’est pas possible de renoncer à un tel&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;engagement sous peine des pires représailles. Une voie sans issue dont il est impossible de s’extraire.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;Roman noir ? Roman d’amour ? Roman social ? Ne cherchez pas, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;s2&quot;&gt;Sicario Bébé&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt; se décline sur les trois&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;registres dans ce qui apparaît comme un texte chargé de nuance ce qui fait que Fanny Taillandier s’affranchi des écueils propre à chacun des genres qui s’agrègent les uns aux autres. Ainsi, il n’y aura pas de mièvrerie dans les rapports amoureux de Djen et de Blaise auxquels on s’attache immanquablement en suivant leurs points de vue respectifs qui s’enchainent dans une alternance qui donne du rythme à ce récit imprégné d’une noirceur toute relative s’inscrivant davantage sur le registre de la tension avec cet enjeu sous-jacent de savoir s’ils vont commettre ce crime pour lequel ils vont être rémunéré, faisant écho à ces adolescents, voire même des enfants qui ont défrayé l’actualité des faits divers en tant que tueur à gage pour le compte de narcotrafiquants sans scrupule. Néanmoins, à mesure que se dévoile les personnalités du trio qu’ils forment avec Bobby, on doit bien admettre que le suspense est de courte durée car en s’inscrivant dans un réalisme social dans laquelle on la sent véritablement à l’aise et qu’un Pierre Jolivet ou un Ken Loach ne renieraient pas, Fanny Taillandier s’installe dans une chronique sociale passant en revue tout un environnement précaire que l’on distingue aussi bien dans cet ensemble d’immeubles voués à la destruction, dans les ZAD ainsi que dans les foyers sociaux, mais qui&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;se dilue l’air de rien sur l’ensemble de cette ville sans nom, de seconde zone. Et en dépit de la détresse et des aléas qui jalonnent les parcours de ces trois jeunes gens, on ne peut s’empêcher de voir émerger quelques lueurs d’espoir qui jalonnent cette intrigue où l’on tente de s’extirper du marasme par tous les moyens possibles, au gré de rencontres qui tendent à briser ce déterminisme social dans lequel on voudrait les enfermer à l’instar de ces formations pour lesquelles Blaise serait prédestiné. A partir de là, on apprécie véritablement ces individus qui apparaissent dans l’existence de Blaise et de Djen. Il y a évidemment Bobby, ce gars cool, cet ami fidèle qui aspire à devenir magicien ou cette aïeule s’installant dans une ZAD afin d’éviter de finir son existence dans un EPAHD, ou Sanoune s’employant à venir en aide aux travailleurs précaires, tous représentatifs de cette communauté aux limites de la marge dont l’humanité se révèle dans ces instants de solidarité et de générosité qui émaillent le texte. Peut-être aurait-on aimé que Julien et Malabar, les deux trafiquants de drogue qui sévissent dans cette cité en décomposition, soient un peu plus incarnés et se déploient davantage dans cette intrigue où ils se contentent tous deux d’alimenter la tragédie qui va prendre de l’ampleur au terme d’une confrontation attendue mais dont la finalité se révèle tout aussi brève que singulière.&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Il n’empêche que &lt;em&gt;Sicario Bébé &lt;/em&gt;ne verse jamais dans l’excès et le sensationnalisme par rapport à ce thème d’enfant tueur que Fanny Taillandier traite avec une rigueur formelle imprégnée d’une émotion salutaire qui anime ce jeune couple bien éloigné des idées reçues, comme en témoigne leur rapport à la culture et à la littérature avec notamment ces références à Homère et à René Char qui parsèment ce récit sombre certes, mais d’où émergent également quelques superbes instants de tendresse, véritables odes à la vie et à la liberté qui deviennent finalement les sujets centraux de ce singulier roman sortant, l’air de rien et de manière habile, des normes convenues. Une belle découverte ce qui fait que l’on se réjouira de rencontrer Fanny Taillandier à l’occasion du festival Libri Mondi broie du noir que se déroulera à Luri, en Corse, ce samedi 30 mai 2026.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;s1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-converted-space&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Fanny Taillandier : Sicario Bébé. Editions Rivages 2026.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A lire en écoutant : Babacar de France Gall. Album : Babacar. 1987, 2004 Warner Music France.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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